Balbuzard pêcheur
Le Balbuzard pêcheur est l'un des rapaces les plus spectaculaires de nos contrées, et certainement le plus...
La Perruche à collier est l'une des réussites les plus étonnantes, et les plus controversées, de la faune d'origine exotique en Europe. Originaire des régions tropicales d'Afrique et d'Asie, cette perruche verte au long limbe aux couleurs vives (queue démesurément allongée, bec rouge, collier noir souligné de rose chez le mâle) a conquis nos villes et nos parcs en quelques décennies. Issue d'oiseaux domestiques échappés ou relâchés, elle s'est installée durablement dans les grandes agglomérations, où elle niche dans les cavités d'arbres et les trous de façades. On la rencontre dans les parcs, les jardins, les alignements d'arbres, les bosquets et les ripisylves urbaines, partout où la douceur du climat et la disponibilité de cavités offrent un gîte et où les mangeoires, les fruits et les fleurs fournissent le couvert. La Perruche à collier est un oiseau de la ville verdoyante, du grand arbre creux et du rassemblement bruyant, qui a troqué son origine tropicale contre la vie dans nos climats tempérés (et s'en sort fort bien).
Le Canard siffleur est l'un des canards les plus élégants et les plus gracieux de nos zones humides. Avec sa tête rousse pâle, son front jaune orangé, ses yeux gris-bleu perçants et son corps gris finement vermiculé, il évoque une silhouette fuselée, aérodynamique, qui file sur l'eau avec une aisance remarquable. Mais ce qui a valu à cette espèce son nom français, c'est son cri : un sifflement haut et mélodieux, à deux tons, souvent décrit comme un « pseeep » ou « wi-wi », émis en vol avec une fluidité musicale qui porte loin au-dessus des étangs. Quand un vol de siffleurs traverse le ciel d'automne, on entend d'abord leurs sifflements cristallins avant même de voir leurs silhouettes grises. On le rencontre dans les eaux douces peu profondes, les marais, les étangs, les lagunes, les prairies humides et les plaines inondables, partout où les herbiers aquatiques abondent. Le Canard siffleur est un oiseau de la pelouse et de l'herbe, qui broute les végétaux tendres et les jeunes pousses comme des herbivores terrestres, contrairement à la plupart des canards qui filtrent ou fouillent les sédiments.
Le Canard souchet est l'un des canards les plus reconnaissables et les plus élégants de nos zones humides. Avec son bec large, plat et élargi à l'extrémité comme une cuillère ou une spatule, il ne laisse aucun doute : c'est le seul Anatidé européen possédant cet outil si particulier. Le mâle en plumage nuptial est une véritable affiche naturelle : tête verte brillante, poitrine blanche immaculée, flancs roux châtain, dos noir et queue noire terminée de pointes blanches, le tout rehaussé par un collier blanc fin qui sépare la poitrine du cou. La femelle, plus discrète, porte le manteau brun tacheté commun aux femelles de nombreux anatidés, mais son bec élargi la trahit immédiatement. On le rencontre dans les eaux douces peu profondes, les marais, les étangs, les lagunes saumâtres, les vasières et les plaines inondables, partout où son bec spécialisé lui permet de filtrer l'eau et les sédiments à la recherche de micro-organismes. Le Canard souchet est un oiseau de la filtration et de l'invertébré, qui a troqué le broutement végétal pour le tamisage de l'eau boueuse.
La Grue cendrée est l'un des oiseaux les plus majestueux et les plus évocateurs de toute la faune européenne. Avec ses deux mètres d'envergure, son long cou tendu, ses longues pattes traînant derrière la queue et son plumage gris cendré couronné d'une calotte rouge écarlate, elle s'impose dans le ciel comme un géant du ciel ouvert. Mais ce qui la rend vraiment inoubliable, c'est son cri : un « krrou-krrou » puissant et sonore, audible à plusieurs kilomètres, qui accompagne les vols en formation et annonce le passage des grues bien avant qu'elles ne soient visibles. Quand un vol de grues traverse le ciel d'automne, on lève les yeux bien avant de la voir : d'abord le son, fanfare sauvage venue du Nord, puis les silhouettes en V, loin en altitude, irrésistibles. On la rencontre dans les grandes zones humides (marais, tourbières, landes humides) en période de nidification, et dans les plaines céréalières et les grands dortoirs lacustres en hiver. La Grue cendrée est un oiseau du grand voyage, du gibier d'automne et des bals de la migration, qui relie la taïga nordique aux plaines ibériennes en survolant la France chaque saison.
Le Râle d'eau est l'un des oiseaux les plus secrets et les plus fantasques de nos roselières. Bien plus souvent entendu que vu, il vit tapi au cœur des roseaux, ne laissant filtrer que son cri étrange, un grognement de cochonnet qui traverse les marais au crépuscule et surprend le promeneur. Avec sa silhouette élancée, son bec long et rouge à la base, son plumage brun barré de noir et ses flancs zébrés, il se confond avec les ombres de la roselière où il se déplace à pas furtifs, comme un rongeur ailé. On le rencontre dans les roselières denses, les marais, les canaux envahis, les bordures d'étangs et les bras morts de rivières, partout où l'eau peu profonde et la végétation dense offrent couverture et terrains de chasse. Le Râle d'eau est un oiseau de l'ombre et du crépuscule, qui ne supporte ni l'assèchement, ni le curage des roselières, ni le dérangement des marais.