Balbuzard pêcheur
Le Balbuzard pêcheur est l'un des rapaces les plus spectaculaires de nos contrées, et certainement le plus...
Le Grèbe à cou noir est le plus grégaire et le plus international de nos grèbes. Petit oiseau aquatique au bec fin et pointu, à la silhouette élégante et au port vertical, il passe une grande partie de l'année dans des eaux que la plupart des oiseaux dédaignent : les lacs saumâtres, les salines, les bassins lagunaires, parfois même des étendues d'eau aussi salées que des mers intérieures. En plumage nuptial, c'est un bijou discret : tête et cou noirs, couronnés de plumes soyeuses jaune d'or qui s'évasent derrière l'œil comme un éventail doré, flancs châtains, iris rouge éclatant. En hiver, il devient un petit grèbe gris et blanc au demeurant banal, dispersé sur les lacs, les étangs et parfois les côtes. On le rencontre dans une gamme de milieux étonnamment variée (étangs riches en végétation, lagunes saumâtres, salines, lacs de montagne), mais c'est dans les lacs salés d'Europe orientale et d'Asie qu'il se montre le plus spectaculaire, se rassemblant parfois par dizaines de milliers sur quelques plans d'eau. Le Grèbe à cou noir est un oiseau de l'eau libre, de la lumière rasante et du grand rassemblement, qui a troqué la solitude typique de ses cousins contre la vie en colonie.
La Guifette moustac est la plus discrète et la plus difficile à observer des trois guifettes européennes. Avec sa petite taille, son vol léger et son plumage gris fumé, elle plane au-dessus des roselières comme un écho de sterne devenue oiseau des marais. En plumage nuptial, elle arbore un casque sombre, des joues blanches encadrées de bandes noires (les « moustaches » qui lui ont donné son nom) et un ventre blanc délicat, contrastant avec le corps gris ardoise. Contrairement aux sternes marines qui plongent en piqué depuis les airs, elle capture ses proies en effleurant la surface de l'eau, pêchant en effleurant la surface de l'eau au-dessus des nappes flottantes. On la rencontre dans les marais, les roselières bordant les étangs et les lacs, les prairies inondées et les lagunes, partout où l'eau calme et la végétation aquatique offrent à la fois des perchoirs de chasse et des supports de nidification. La Guifette moustac est un oiseau de transition, entre les sternes qui s'exposent en mer et les oiseaux qui se cachent dans l'ombre des roseaux.
La Marouette ponctuée est l'un des oiseaux les plus secrets et les plus insaisissables de nos roselières. Plus souvent entendue que vue, elle vit cachée au cœur des marais, entre les tiges de roseaux et les massettes, ne laissant filtrer que son cri étrange, un sifflement roulé qui traverse les roselières au crépuscule. Avec sa silhouette ramassée, son bec court et jaune à la base, son plumage brun-olive moucheté de blanc (les « points » qui lui donnent son nom) et sa petite taille de caille, elle se confond avec les ombres de la roselière où elle se déplace à pas furtifs. On la rencontre dans les marais, les roselières denses, les prairies humides inondées, les bordures d'étangs et les bas-marais, partout où l'eau peu profonde et la végétation basse et clairsemée offrent à la fois couverture et terrains de chasse. La Marouette ponctuée est un oiseau de l'ombre et du crépuscule, de la mare cachée et du chenal envahi, qui ne supporte ni l'assèchement, ni l'embroussaillement, ni le dérangement des marais.
La Sarcelle d'été est l'un des canards les plus colorés et les plus élégants de nos étangs et de nos marais. Le mâle en plumage nuptial est un bijou : une tache argentée striée de noir sur le front, une calotte vert-brun lustrée, un cou blanc avec une fine bande sombre, une poitrine gris-bleu cendré, des flancs orange vif et un ventre noir. Chaque zone se détache de la précédente avec une netteté de peinture à l'huile, comme si un calligraphe avait tracé des bandes successives sur un corps de canard. La femelle, plus sobre, arbore un plumage brun-gris tacheté, mais son front strié d'argent est déjà visible et trahit son identité dès le premier regard. On la rencontre dans les étangs, les marais, les gravières inondées, les bras morts de rivières, les lacs et les lagunes saumâtres, partout où l'eau calme et la végétation flottante offrent un refuge et une nourriture abondante. La Sarcelle d'été est un oiseau de la surface, de la nage rapide et du barbotage frénétique, qui ne plonge jamais et se nourrit en filtrant la surface de l'eau.
Le Tadorne de Belon est l'un des canards les plus colorés et les plus singuliers de nos côtes. Avec son corps blanc, sa poitrine orangée, son ventre marqué d'une large bande noire, sa tête vert-noir lustré et son bec rouge éclatant, il ressemble davantage à un oiseau tropical échoué sur nos rivages qu'à un canard ordinaire de nos latitudes. Le mâle en plumage nuptial est un festival de couleurs : rouge, orange, noir, blanc et vert se succèdent en bandes nettes, comme si la nature avait voulu peindre un étendard plutôt qu'un oiseau. La femelle, plus terne, est plus petite et plus claire, mais partage la même livrée bariolée. On le rencontre dans les baies, les estuaires, les vasières, les dunes et les prairies saumâtres, partout où l'estran découvre sa charge de mollusques et de crustacés. Le Tadorne de Belon est un oiseau du littoral, du sel et du vent, qui ne craint ni la marée ni le froid, et qui partage avec les bernaches l'art du vol en formation et la fidélité conjugale.