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Classification

Classe: Aves
Ordre: Psittaciformes
Famille: Psittaculidae
Genre: Psittacula
Espèce: krameri

Statut de conservation

Préoccupation mineure

Chants et cris

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Répartition géographique

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La Perruche à collier est l'une des réussites les plus étonnantes, et les plus controversées, de la faune d'origine exotique en Europe. Originaire des régions tropicales d'Afrique et d'Asie, cette perruche verte au long limbe aux couleurs vives (queue démesurément allongée, bec rouge, collier noir souligné de rose chez le mâle) a conquis nos villes et nos parcs en quelques décennies. Issue d'oiseaux domestiques échappés ou relâchés, elle s'est installée durablement dans les grandes agglomérations, où elle niche dans les cavités d'arbres et les trous de façades. On la rencontre dans les parcs, les jardins, les alignements d'arbres, les bosquets et les ripisylves urbaines, partout où la douceur du climat et la disponibilité de cavités offrent un gîte et où les mangeoires, les fruits et les fleurs fournissent le couvert. La Perruche à collier est un oiseau de la ville verdoyante, du grand arbre creux et du rassemblement bruyant, qui a troqué son origine tropicale contre la vie dans nos climats tempérés (et s'en sort fort bien).

Mais derrière cette réussite apparente se cache un Psittacidé aux enjeux ambigus. La Perruche à collier n'est pas seulement « la petite perruche verte des parcs » : c'est un compétiteur potentiellement redoutable qui dispute les cavités aux oiseaux cavernicoles indigènes, une espèce tolérée par le froid grâce aux îlots de chaleur urbains et aux nourrissages hivernaux, une navigatrice et un opportuniste alimentaire de premier ordre, et l'objet d'un débat scientifique entre la gestion des populations introduites et leur intégration à l'avifaune locale. L'observer, c'est réfléchir à la relation entre les milieux urbains et la faune sauvage, et comprendre que les espèces introduites posent des questions complexes, qui ne se résolvent ni par l'indifférence totale ni par l'extermination aveugle.

Classification

La Perruche à collier appartient à la famille des Psittacidés, qui regroupe les perroquets et les perruches à travers le monde (plus de 350 espèces réparties sur les régions tropicales et subtropicales). C'est l'un des représentants les plus typiques du genre Psittacula, qui compte également la Perruche alexandre (Psittacula eupatria) et la Perruche de Maurice (Psittacula echo). Le nom français « à collier » fait référence à la bande noire qui contourne sa nuque (visible chez le mâle). Le nom scientifique krameri honore le naturaliste autrichien Wilhelm Kramer. C'est un oiseau frugivore et granivore, principalement lié aux milieux ouverts, aux zones boisées claires et aux habitats anthropisés : parcs urbains, vergers, plantations, parcs et jardins. Quatre sous-espèces sont reconnues à travers son aire de répartition afro-asiatique, dont deux nichent désormais en Europe occidentale (la nominate Psittacula krameri krameri, issue d'Afrique, et P. k. manillensis, issue d'Asie du Sud).

Identification

La Perruche à collier est une perruche de taille moyenne, au corps élancé et à la silhouette très reconnaissable. Sa longueur est d'environ 40 cm (dont la moitié pour la queue seule), pour une envergure de 42 à 48 cm et un poids de 110 à 140 grammes (les mâles étant légèrement plus lourds). Le dimorphisme sexuel est visible en plumage nuptial (mais les sexes sont longtemps difficiles à distinguer chez les jeunes). L'adulte présente un plumage vert pomme brillant, avec un bec rouge corail (supérieur) et un dessous légèrement plus pâle. Le mâle en plumage nuptial porte un collier noir qui part du menton et descend vers la nuque, souligné en dessous par une fine bande rose (caractère diagnostique du mâle adulte). La femelle n'a pas ce collier : sa tête est uniformément verte. Les sous-caudales sont jaune-verdâtre. Les immatures ressemblent aux adultes, mais sans le collier noir (qui n'apparaît qu'à l'âge de deux ans environ) et avec un bec plus pâle. La confusion est possible avec la Perruche alexandre (Psittacula eupatria), mais cette dernière est nettement plus grande, avec un bec plus large et une épaule rouge (absente chez la Perruche à collier). La confusion est aussi possible avec la Perruche ondulée (Melopsittacus undulatus), mais cette dernière est beaucoup plus petite, avec une morphologie entièrement différente et une queue plus courte.

Chants et cris

La Perruche à collier est un oiseau vocal, bruyant et bavard, surtout en groupe. Le cri le plus typique est un « ki-ki-ki » ou « kriii » sec, aigu et répété, émis en vol, au posé et lors des contacts sociaux. Ce cri strident, répété avec insistance, est caractéristique des vols de perruches qui traversent les quartiers à la lumière du jour (on entend souvent un vol de perruches bien avant de le voir). Le cri d'alarme est un « krrih » bref et vibrant. En période de parade nuptiale, le couple échange des vocalises douces et bavardes, mêlant roucoulements, murmures et petits cris mélodieux. Les jeunes poussent des pépiements aigus et insistants, des « si-si-si » répétés, pour solliciter les parents. Contrairement aux perroquets vrais, la Perruche à collier ne possède pas une capacité remarquable d'imitation à l'état sauvage (bien que les individus domestiques puissent apprendre des mots). Ces appels s'entendent à plusieurs centaines de mètres dans les quartiers verts et les parcs.

Habitat

La Perruche à collier affectionne les habitats ouverts, verts et riches en arbres fruitiers, d'origines naturelles ou anthropiques. À l'état sauvage dans son aire d'origine, on la rencontre dans les savanes, les lisières forestières, les milieux semi-ouverts et les zones agricoles. En Europe, elle a colonisé une gamme plus urbaine : parcs, jardins, campus, avenues plantées, gros vergers, bords de canaux. Il lui faut deux éléments fondamentaux : un grand arbre creux (platane, peuplier, platane, châtaignier) ou une cavité artificielle pour nicher, et une source de nourriture accessible (fruits, graines, fleurs, mangeoires, nourrissages hivernaux). Contrairement à la plupart des oiseaux indigènes, elle prospère dans les grandes villes (Paris, Londres, Bruxelles, Rome, Barcelone, Amsterdam), grâce à la chaleur relative des villes (îlots de chaleur urbains) et à l'abondance de nourriture apportée par l'homme. Un grand arbre creux dans un parc, une allée d'arbres matures, un quartier vert avec mangeoires peuvent constituer un habitat adéquat. Le domaine vital d'un couple est réduit, mais les colonies exploitent un rayon de plusieurs kilomètres autour du site de nidification.

Comportement

La Perruche à collier est un oiseau social et grégaire, qui se regroupe en bandes bruyantes en dehors de la période de nidification. En automne et en hiver, elle forme des dortoirs parfois importants (plusieurs centaines d'individus), souvent dans des arbres isolés ou des bosquets urbains, qui se dispersent à l'aube en colonnes bruyantes vers les terrains de gagnage. Son comportement de nourrissage est agile : elle grimpe le long des branches, se pend la tête en bas pour atteindre les fruits, picore les graines, viande les fleurs (particulièrement les bourgeons et les fleurs des cerisiers au printemps). Elle est tolérante et peu farouche en ville, où elle se laisse parfois observer à quelques mètres, mais elle reste attentive et s'envole d'un commun accord à la moindre alerte, en vol rapide et direct, émettant des cris puissants. À la nidification, elle devient territoriale : le couple défend la cavité contre tous les autres oiseaux, y compris les congrènes (conflits vigoureux avec les Pics verts, les Chouettes chevêches et les Martinets à propos des trous de nidification). La Perruche à collier est sédentaire : elle ne migre pas et passe l'année au même endroit, se déplaçant localement vers des sources de nourriture hivernale.

Le vol

Le vol de la Perruche à collier est rapide, direct et légèrement ondulant, avec une silhouette caractéristique : le corps allongé, les ailes pointues battues avec puissance, et la très longue queue effilée qui suit en ligne derrière (caractère diagnostique en vol). Elle bat des ailes à une cadence rapide et régulière, parcourant le paysage en vols directs entre les parcs, les mangeoires et les dortoirs. Le décollage est immédiat et bruyant : l'oiseau s'élève d'un arbre d'un battement sec, accompagné de cris, et s'engage dans un vol bas et rapide au-dessus des toits et des allées. En bande, les mouvements sont vifs et synchronisés, avec des appels constants qui signalent le vol de loin. La Perruche à collier ne voyage presque jamais en grands groupes, se déplaçant en bandes familiales ou en petites colonies. Elle se pose avec aisance, le vol étant également utilisé pour les déplacements quotidiens (du dortoir au gagnage), mais elle est sédentaire et ne franchit que rarement de longues distances.

Alimentation

La Perruche à collier est un granivore-frugivore, opportuniste et adapté aux ressources urbaines. Son régime est dominé par les fruits, les graines, les bourgeons et les fleurs, selon la saison. Elle consomme des fruits variés (pommes, figues, cerises, mûres, baies sauvages), des graines de plantes cultivées et sauvages, des bourgeons et des feuilles tendres, des bourgeons floraux (les perruches causent des dégâts notoires aux vergers et aux cultures fruitières), et des fleurs (notamment celles des arbres d'ornement). En hiver, elle fréquente les mangeoires (tournesol, cacahuètes, mélanges de graines) et bénéficie massivement du nourrissage hivernal des particuliers. Elle explore les jardins, les parcs, les potagers et les cimetières, où les ressources abondent. Elle picore au sol les graines tombées et inspecte les arbres fruitiers des jardins et des vergers. Les jeunes reçoivent des fruits mûrs et des graines régurgitées par les parents.

Reproduction et nidification

La nidification commence au printemps, dès mars-avril dans les régions tempérées. Le couple installe son nid dans une cavité naturelle : trou de pic, fente de branche, cavité de gros arbre, anfractuosité de façade, trou de mur, parfois un nid vide d'Étourneau. La cavité est tapissée sommairement de copeaux, de fibres et de débris végétaux. La femelle pond généralement 3 à 6 œufs, de couleur blanche lisse. L'incubation dure environ 23 à 25 jours, assurée principalement par la femelle, le mâle gardant l'entrée de la cavité et lui apportant la nourriture. Après l'éclosion, les jeunes restent au nid pendant environ 6 à 7 semaines, nourris par les deux parents par régurgitation. Ils s'envolent en fin d'été et restent en famille quelques semaines supplémentaires, puis se joignent aux bandes nomades. Une seule ponte par an est la règle, mais une ponte de remplacement peut avoir lieu en cas d'échec précoce. La Perruche à collier ne fabrique pas de nid fermé à la manière des perroquets, mais utilise des cavités naturelles, ce qui la place en concurrence directe avec les oiseaux cavernicoles indigènes (Pics, Chouettes, Étourneaux, Mésanges).

Distribution

La Perruche à collier est originaire des régions tropicales d'Afrique subsaharienne et d'Asie du Sud (du Pakistan à la Birmanie), et sa répartition actuelle en Europe résulte d'introductions successives issues du commerce d'oiseaux domestiques (des échappés et des relâchés depuis le XIXe siècle, avec une installation massive à partir des années 1960). En Europe, elle est désormais nicheuse en Grande-Bretagne (plusieurs dizaines de milliers d'individus), aux Pays-Bas, en Belgique, en Allemagne, en France, en Espagne, en Italie et en Grèce, avec des populations fortes dans les grandes villes tempérées. En France, elle est principalement présente en région parisienne (son principal bastion hexagonal, avec plusieurs milliers d'individus), à Lyon, à Marseille, à Toulouse, à Lille et dans quelques autres grandes villes. La population française est estimée entre quelques centaines et quelques milliers d'individus, en croissance constante depuis les années 1990. La Perruche à collier est donc une espèce d'origine exotique, sédentaire et en expansion en France, en particulier dans les parcs et les quartiers verts des grandes agglomérations.

Menaces et protection

La Perruche à collier est classée « Préoccupation mineure » (LC) par l'UICN au niveau mondial, dans son aire d'origine. Sa situation en Europe est différente : il s'agit d'une espèce introduite, qui ne bénéficie d'aucune protection légale en tant qu'oiseau indigène et ne figure pas à l'annexe I de la directive européenne « Oiseaux ». Son expansion soulève des questions de conservation : en disputant les cavités aux oiseaux cavernicoles indigènes (Choucas des tours, Chouette chevêche, Pic épeiche, Martinet noir, Moineau domestique), elle pourrait exercer une pression compétitive sur les espèces locales. Elle inflige aussi des dégâts aux vergers et aux cultures, et contribue localement à la propagation de graines d'espèces invasives. Cependant, les études scientifiques menées en Europe n'ont pas démontré d'impact majeur démontré à grande échelle, et son statut de nuisance reste débattu. En France, elle n'est pas classée comme espèce exotique envahissante au sens réglementaire strict, mais son suivi scientifique (notamment par les réseaux ornithologiques) permet d'en surveiller l'évolution. Les menaces qui pèsent sur elle sont indirectes : l'embuscade de prédateurs urbains (faucons crécerelles, éperviers, chats), les collisions avec les vitres et les véhicules, les hivers rigoureux (mortalité accrue chez les populations non nourries), et la gestion interventionniste des populations dans certains pays. Sa protection légale est contestée (le contexte d'espèce introduite empêche toute réglementation favorable), mais elle reste présente dans nos villes et s'y est durablement installée.

Pour aller plus loin

Observer une Perruche à collier, c'est d'abord l'entendre, puis s'étonner. Son cri sec et métallique résonne dans les parcs en écho improbable aux chœurs de moineaux et aux chants des merles, et l'œil cherche d'abord un perroquet en cage avant de comprendre que l'oiseau est bien là, en liberté, au creux d'un platane parisien ou d'un micocoulier marseillais. Quand le vol passe, vif et bruyant, on aperçoit une flèche verte à la queue démesurée, les ailes battant à toute vitesse, puis le troupeau disparaît derrière les toits. Sur les mangeoires hivernales, les perruches verts désenfilent les graines de tournesol avec une adresse chirurgicale, rejoignant les mésanges et les pinsons dans une mixité des espèces qui n'existait pas il y a quarante ans. Au printemps, le mâle s'ébat dans les arbres, la tête verte, le collier noir et rose luisant, paradant devant la femelle dans un vol circulaire lent et majestueux (une danse aérienne sobre et gaie qui ne dit rien des parades spectaculaires d'autres Psittacidés, mais qui n'en est pas moins efficace). Mais ce qui frappe le plus, c'est le questionnement que suscite cette présence : faut-il la protéger, la chasser, l'ignorer ? Est-elle une menace pour nos oiseaux cavernicoles, une richesse nouvelle pour nos villes, un symbole du brassage des faunes par le commerce mondial ? Là où elle s'installe, il y a des grands arbres creux, des fruits abondants, une douceur climatique relative, une cité qui tolère ses hôtes exotiques. Derrière son plumage vert brillant, son bec rouge et son cri perçant, la Perruche à collier reste un oiseau de paradoxes (tropicale mais rustique, domestique mais sauvage, charmante mais controversée), dont la présence dans nos parcs rappelle que la faune évolue et que nos relations avec les espèces introduites sont plus complexes qu'il n'y paraît. Et chaque silhouette verte qui traverse le ciel d'un parc urbain est un débat vivant : celle qui interroge notre rapport à la nature, entre conservation de nos espèces indigènes et accueillante surprise des nouveaux venus (une cohabitation qui demande réflexion, dialogue et décision éclairée).

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